Modification de la Constitution au Cameroun : l’opposition crie à l’assassinat de la démocratie

Le Cameroun s’engage dans une nouvelle séquence politique aux enjeux majeurs. Mercredi dernier, le chef de l’État a convoqué le Parlement en congrès pour examiner un projet de révision constitutionnelle portant notamment sur l’introduction d’un poste de vice-président. Une initiative qui suscite à la fois espoirs, interrogations et vives tensions au sein de la classe politique.
Pour les parlementaires du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), parti au pouvoir, cette réforme s’inscrit dans une logique d’adaptation des institutions aux réalités contemporaines du pays. Ils défendent une avancée institutionnelle visant à renforcer la stabilité de l’État, notamment en clarifiant les mécanismes de succession au sommet du pouvoir. « Il s’agit de moderniser notre architecture politique et de prévenir toute vacance ou crise institutionnelle », soutiennent plusieurs élus de la majorité.
Mais du côté de l’opposition, le ton est tout autre. Minoritaire au Parlement mais particulièrement virulente sur ce dossier, elle dénonce une « dérive autoritaire » et parle sans détour d’un « assassinat de la démocratie »(député SDF sur RFI). Selon ses responsables, l’introduction du poste de vice-président ne serait qu’une manœuvre politique destinée à verrouiller davantage le pouvoir. « C’est une stratégie anticipée pour organiser la succession dans un cercle restreint et maintenir le système en place, même après le départ du président actuel », accusent-ils.
Au cœur des critiques : la crainte d’une confiscation du pouvoir et d’un affaiblissement du jeu démocratique. Pour l’opposition, cette réforme ne répond pas aux priorités des Camerounais, mais plutôt à des calculs politiques visant à pérenniser un régime déjà solidement installé.
Dans l’opinion publique, les réactions apparaissent plus nuancées. Une partie des citoyens semble accueillir favorablement cette évolution constitutionnelle, y voyant une garantie de stabilité. L’idée d’un vice-président clairement identifié rassure quant à la continuité de l’État en cas de vacance du pouvoir. « Au moins, on saura qui prend les rênes, sans conflit ni incertitude », confie un observateur à Douala.
Entre volonté de consolidation institutionnelle et soupçons de stratégie politique, cette révision constitutionnelle s’impose comme un test majeur pour la démocratie camerounaise. Le débat est désormais lancé, et son issue pourrait redessiner durablement les équilibres du pouvoir dans le pays.

Jean Pierre Ombolo

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