CAN Maroc : quand le pessimisme entourait les Lions, avant le réveil indomptable.

À une semaine du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations qui se déroule actuellement au Maroc, rares étaient les Camerounais qui pariaient sur une campagne réussie des Lions Indomptables. L’ambiance autour de l’équipe nationale était lourde, marquée par l’incertitude, la confusion institutionnelle et une profonde inquiétude populaire. Jamais, ou presque, le Cameroun n’avait abordé une CAN dans un tel climat de doute.Le climat s’est brutalement détérioré avec le limogeage de Marc Brys, sélectionneur principal, décidé par la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT), à seulement deux semaines du début de la compétition. Dans la foulée, David Pagou, son adjoint, est nommé sélectionneur par le président de la FECAFOOT, dans un contexte de relations exécrables entre la Fédération et sa tutelle, le Ministère des Sports et de l’Éducation civique.Cette guerre froide institutionnelle, étalée au grand jour, a plongé l’opinion publique dans le désarroi. Beaucoup redoutaient que ces querelles internes ne condamnent les Lions avant même leur entrée en lice.Des absences qui renforçaient le pessimismeComme si cela ne suffisait pas, la liste des joueurs convoqués a achevé de semer le doute. Les cadres majeurs de la sélection, piliers de l’équipe et repères du vestiaire, sont absents : André Onana, Vincent Aboubakar, Maxime Choupo-Moting, Michael Ngadeu et Jean-Charles Castelletto Nguemaleu. En lieu et place, une équipe largement rajeunie, composée de jeunes joueurs encore peu rompus aux grandes compétitions internationales. Une semaine seulement pour bâtir un collectif, trouver des automatismes et affronter des adversaires aguerris : le défi semblait insurmontable.Le “groupe de la mort” comme sentence annoncéeLe tirage au sort n’a fait qu’assombrir davantage l’horizon. Le Cameroun hérite du groupe F, qualifié par les observateurs de “groupe de la mort”, aux côtés de la Côte d’Ivoire, tenante du titre ,du Gabon et du Mozambique. Trois nations réputées pour leur expérience, leur puissance et leur discipline tactique.Dans les rues, dans les bars, sur les réseaux sociaux, le verdict semblait unanime : personne ne vendait cher la peau du Lion. Même les plus fervents supporters peinaient à croire à un quelconque miracle marocain. Quand l’humour masque la peurCette angoisse collective a trouvé un exutoire inattendu à travers l’humour noir. Un message devenu viral dans les groupes WhatsApp résumait parfaitement l’état d’esprit général :« 24 décembre 2025 (veille de Noël), Cameroun – Côte d’Ivoire : vous voulez donner l’AVC à qui ?28 décembre 2025, Cameroun – Gabon : vous voulez donner l’AVC à qui ?31 décembre 2025, Cameroun – Mozambique : vous voulez que qui finisse l’année avec l’AVC ? »Derrière la plaisanterie se cachait une crainte réelle : celle de prestations médiocres capables de faire vibrer les nerfs — et la santé — d’un peuple passionné de football. Plus de peur que de malHeureusement, le scénario catastrophe tant redouté ne s’est pas produit. Personne n’a fait d’AVC. Mieux encore, les prestations des Lions Indomptables ont surpris tout le monde. Solidaires, disciplinés et animés par un esprit de revanche, les jeunes Lions ont déjoué les pronostics. Avec 7 points au compteur, le Cameroun termine deuxième du groupe F, décroche sa qualification pour les huitièmes de finale et ravive l’espoir d’un peuple qui n’osait plus y croire. Toujours indomptablesDe l’angoisse au soulagement, du pessimisme à l’espoir, les Lions Indomptables ont rappelé une vérité immuable : le Cameroun ne meurt jamais sans combattre. Contre vents et marées, malgré les crises, les absences et les divisions, le Lion a rugi là où on l’attendait le moins.Et désormais, plus question de s’arrêter en si bon chemin.

Jean Pierre Ombolo

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